NOTRE TOUR DU MONT PERDU

               Août 2001

de TORLA à GAVARNIE

MARDI 7 AOUT: repos à TORLA

 

Un « gros con » d’espagnol, qui a sa toile près de nous, n’a pas daigné répondre à mon « Bonjour !… »hier soir…Il a ronflé toute la nuit, et « pêté » très fort, et très souvent, mais ce matin, au réveil, il m’a dit :  « Bonjour !… »

          Alain , en se levant, a eu, lui, un coup au cœur :on lui avait volé ses tongs, vertes jaunes et rouges, bien moches, à cinq francs, il était désemparé !…J’ai voulu lui dire que personne ne voudrait de ses tatanes …..Il les a retrouvées dans le fatras de la toile…

          Nous avons fait un vrai petit déjeuner, avec trois cafés de suite…Mais nous n’avons plus de sucre…Depuis qu’il est levé, Alain n’a rien fait, il est avachi sur l’herbe, enfin…le si peu…car nous sommes plutôt sur un carré de terre Oui j’ai tout fait depuis 7 heures que je suis levée ….Maintenant il faut que j’écrive les cartes postales …Il est 11 heures , et il fait grand et beau soleil….ça fait une demie-heure que je me casse la tête sur ces cartes , et Alain ne fait toujours rien (excepté, lire…)…Je vais lui demander de coller les timbres…Une heure que je suis à écrire les dix cartes postales annuelles , et Alain rechigne pour coller les timbres !…

          Nous montons à Torla , pour faire quelques courses, et visiter cette charmante petite ville , type même d’un village Aragonais ,( en pleine rénovation,) La partie ancienne du village est la plus intéressante , avec ses maisons aux cheminées typiques. Alain comme à son habitude fait des photos, nous nous rendons à la maison du tourisme , visitons l’église regardons à nouveau les menus, pour le dîner de ce soir , finissons par acheter deux pommes et une boîte de barres de céréales , et regagnons le camping via le pont de la Glera

          Nous mangeons à l’heure espagnole, il est 14 heures, Alain propose que l’on s’installe sur la table et les chaises des voisins absents, …On se contentera de s’allonger sur le « k.way » habituel . Moi je vais chercher des serviettes de table dans les w.c ;…Il y a largement ce qu’il faut en papier …Autant en profiter !…Tomates , chorizo, et camembert en crème  font partie du repas …Il est 15 heures et nous en sommes au café.

          Alain est parti faire la vaisselle, c’est toujours Alain qui fait la vaisselle en vacances ; A noter tout de même que c’est la première fois que nous lavons notre vaisselle depuis huit jours, donc , qu’il n’y a pas la de quoi plaindre Alain….

          Alain est mauvaise langue , il est entrain de prétendre en ce moment que je manque d’objectivité, dans ma façon de transcrire sur le papier , les péripéties de notre périple, Dire ça de moi, qui joue la transparence pour l’un comme pour l’autre, est injuste… ! et je m’en vais vous le prouver, en vous contant l’anecdote ci-après :

          Cet après midi donc , profitant de ce moment de farniente, j’ai entrepris de me « faire le maillot » . Compte tenu de notre « matériel de nettoyage » restreint, qui se limite a quelques échantillons, , je me suis tout bonnement trompée d’échantillons, et suis ressortie de la toile , piquante, mentholée, détartrée, l’émail refait….La mousse que je croyais  « à raser », était du dentifrice !…Je suis filée sous la douche ,éteindre l’incendie , et stopper l’effet « dentifrice, mentholé »

           Des randonneurs , elle française, lui allemand, mais parlant impeccablement notre langue, s’installent près de nous …

           Il me revient en pensée , que ce matin dans l’église de Torla un randonneur s’était installé sur un banc , face à l’autel principal, et qu’il étudiait sa carte de rando, pendant que sa femme admirait les statues et autres retables…Moi j’ai mis une pièce dans le « jux box »  …Non je déconne !…J’ai mis 25 pesetas …et un cierge s’est allumé…tout seul !…

           Avant de retourner à Torla , pour aller dîner au resto, nous sommes passés pour payer notre camping, mais alors la !…C’est pas croyable , une vraie salope , la gérante (et propriétaire sans doute…) du camping, en plus d’avoir voulu nous « gruger » nous la soupçonnons d’avoir un système de double carnet de factures…Elle nous avait demandé 200 frs , précisant qu’elle nous rendrait la monnaie en pesetas , ce qui nous convenait, sachant que nous en avions pour 140 frs, mais elle ne nous a rendu que 600 pesetas , soit 24 frs au lieu des 60 frs qu’elle nous devait !…Bien entendu , nous avons exigé notre dû, récupéré nos 200frs , rendu les 600 pesetas  et payé l’équivalant des 140 frs en pesetas, le tout en exigeant une facture, ce qui l’a fortement  et visiblement contrariée

            A 20 heures nous sommes allés au resto, où nous avons pris deux plats du jour et une bouteille de vin pour 2900 pesetas soit 116 francs , nous avons dîné seuls dans une grande salle , les espagnols sont habitués à dîner beaucoup plus tard

            Au retour , une pancarte indique que le terrain de camping est « complet » . En fait il est saturé, mais , si la gérante, pouvait installer les gens sur la terrasse des sanitaires , elle le ferait, tant, visiblement , elle est avide de gains. Ceci étant on lui « piquera » plein de papier en partant demain matin histoire d’avoir ce qu’il nous faut pour le reste de notre périple…Et de nous venger … !

            Il est 22 heures 30 , nous nous mettons dans nos duvets…

 

MERCREDI 8 AOUT : de TORLA à Saint Nicolas de BUJARUELO

 

GREVE !

Il n’y aura pas de journal aujourd’hui

Suite à une répression verbale ,intolérable par temps de vacances , d’un chef grognon à l’égard d’une petite journaliste , faisant tout pour rendre les vacances agréables !…

 

          Il est 15 heures 20 , petite avancée dans les négociations, le chef grognon vient de passer aux aveux : il a été particulièrement de mauvaise humeur chaque matin du séjour

          Il avoue aussi que j’ai eu beaucoup de mérite à le supporter , et que j’ai eu la meilleure note pour mon bon caractère durant ces 9 jours

          Il est 16 heures , Alain vient de me demander pardon , c’est donc qu’il reconnaît avoir mal agi

Le piquet de grève est levé !

 

Je suis réveillée à 5 heures ce matin  , et une « envie » me tire de la toile,.Le temps de chercher un short, mon polaire, d’aller faire mon « petit besoin », bref, à mon retour, sans bruit à la toile , il est 5heures40 , (j’ai vérifié dans les toilettes). Je me sens remplie d’une grande gentillesse, et entreprends de commencer les préparatifs du café, à l’extérieur de la toile , tranquillement, sans presser personne !…Ce qui devrait me permettre de pouvoir « porter »le café à mon Alain entre 5 heures50et 6 heures .

          Mes élans vont être foudroyés d’un seul coup !…  « Mais qu’est-ce que tu fous dehors à cette heure là ?…Merde ! laisse moi dormir !… » ça c’est Alain qui explose !…Un vrai coup de tonnerre ….Un éclair qui électrocute toute ma bonne volonté…..Je subis un grand traumatisme qui me fait fondre en larmes…Et fondre en larmes à 6 heures du matin , c’est irréparable à moins de payer une « bonne addition » , je vais m’employer à obtenir les intérêts d’une grande blessure matinale…Je refuse les tartines beurrées qu’Alain me tend, avalant seulement le café…Qu’il fasse une indigestion de ses tartines !…Mon sac est prêt , pas le sien…Je vais surtout ne pas lever le petit doigt…De toutes façons ce serait mal fait…Alors !…

          Qu’est-ce que je suis gentille pourtant, j’ai pris soin de veiller à délester son sac d’au moins un kilo pour le soulager un peu …

           7 heures 40 , et nous quittons Torla , je n’ai pas mangé, mais j’ai assez de nerfs pour marcher « tonique » !, j’arrive même à resserrer les bretelles de mon sac toute seule , il le fallait bien , car le poids du sac me pesait trop sur les reins

……..Il fait beau , dès le départ nous avons croisé des gardes , nous marchons comme ça sans dire un mot, , nous passons  le « puente de los navarros », le pont des navarrais et redescendons trois cents mètres pour prendre le sentier de « la escala » qui s’élève rapidement au dessus de la vallée de Bujaruelo, en se retournant , la vue est magnifique sur la vallée d’Ordesa et le massif du Mondarruego. Mais nous ne nous parlons toujours pas , pas de coup à boire…Pas de grignotage de barres…Rien . Alain essaye bien de « renouer » à la faveur d’un passage difficile au-dessus d’un vide impressionnant , mais je refuse son aide !…D’ailleurs un câble a été installé pour faciliter ce passage ;

            Nous arrivons ainsi au pont de Santa Elena et continuons rive gauche du Rio Ara par le sentier dit « de cobatar » Alain a des soucis avec son appareil photo… , peu après le pont , bien visible, accroché à un arbre , nous trouvons un message de « la vallée de Chevreuse » qui nous souhaite le bonjour, ils ont dû passer hier, car nous ne les avons pas retrouvés ²à notre arrivée à San Nicolas de Bujaruelo , il est alors 11 heures 40, nous avons marché pendant 3 heures 15, pour trois heures donné par les guides , nous avons pourtant marché « comme des malades !… »

           Nous nous rendons au refuge de Saint Nicolas, qui est en cours de restauration , mais déjà bien rénové et très accueillant ;  L’accueil réservé aux randonneurs est également très sympathique , et en plus on y accepte l’argent français sans aucune sorte d’arnaque , exemple : un coca et une bière pour 18 francs

           Nous décidons donc de déjeuner au refuge ,en commandant deux « Chorizo frito » ; en fait on nous sert ½  pain de deux livres chacun avec un vrai repas de chorizo chaud au milieu …Je crois que je vais étouffer , mais ça passe , car je suis à jeun depuis hier soir , et le « stress » ça creuse …Nous prenons un café , et nous filons nous installer au bord du torrent , le Rio Ara, à quelques pas du vieux pont romain, ça grouille de monde , le parking est plein, …Il y a une jeune fille qui fait des plongeons depuis le haut du pont , on dirait une fille de cirque…Elle passe son temps ensuite à se contorsionner dans tous les sens …Faire le pied de chêne…Il y a des petits emmerdeurs d’allemands , effrontés comme pas un !…Et le labrador des français qui vient s’ébrouer de préférence à nos cotés …Alain manifeste des signes de repentir à mon égard , et commence son acte de contrition …Heureusement car cette journée aurait pu n’être , qu’une page blanche sur ce journal !…Dommage pour une si belle aventure !… Je commence à le « re-aimer »… Je commence à te « re-haïr » …me dit-il en souriant

            Il est maintenant 17 heures , il fait toujours aussi beau , quelques randonneurs et autres promeneurs commencent à quitter les lieux , et nous nous inquiétons de savoir où nous allons pouvoir installer notre bivouac pour la nuit, et refaire le plein d’eau , car à priori il n’y a aucun point d’eau potable à l’extérieur du refuge

          Alain a visité l’île entourée de haies et d’arbustes , et située face au refuge entre les deux bras du torrent , en aval du pont  Le bras entre l’île et le refuge est à sec , et n’a visiblement pas vu passer d’eau depuis longtemps . On s’installe sur cette île , à l’abri des vents et des regards indiscrets et notamment de ceux des gardes apparemment très présents dans ce secteur , puis nous montons au refuge prendre un café et faire le plein d’eau …Retour à la toile …Préparation d’une soupe bien épaisse …Pâtes à la tomate…Vaisselle à l’eau du torrent….Petit café préparé par Alain ;Il est 19 heures30 , non loin de nous d’autres personnes se sont installées pour pique-niquer…Alain s’est fait une chaise avec des pierres posées sur une … Bouse de vache !…

          Il est 20 heures …Et paf !…On va se mettre en plein dans la gueule du loup :Alors que l’on s’apprêtait à faire une ballade hors de « notre île » , et que l’on quittait « notre abri » on tombe nez à nez avec les gardes qui venaient en fait seulement vérifier que les autres personnes qui pique-niquaient près de nous n’avaient pas l’intention de camper. Les gardes n’avaient pas vu notre toile…Nous leur expliquons que nous ne passons là qu’une nuit , et que dès le matin , à 5 heures nous serons partis…Bref nous tentons de les amadouer, ils n’ont pas l’air « trop cons » surtout celui qui s’exprime en français et qui nous demande de « coucher » notre toile et de ne la « remonter » qu’aux environs de 22 heures ….

          Il n’est que 20 heures45, les gardes se sont rendus au refuge , leur voiture stationne devant l’entrée et nous sommes là assis sur l’herbe , devant notre toile mise à plat , à attendre  que les gardes s’en aillent…Mais le bar du refuge ne ferme qu’à 23 heures 30, alors nous avons sans doute beaucoup de temps à attendre !…

          Il est 21 heures 30 , la nuit commence à tomber , et la fraîcheur avec elle , alors nous « remontons » notre toile

 

JEUDI 9 AOUT: de Saint Nicolas de BUIJARUELO à Gavarnie

 

          Minuit… Alors qu’après une si belle journée rien ne le laissait présager, les premières grosses gouttes de pluie s’abattent sur l’igloo , à partir de ce moment de grosses averses vont se succéder, …Et à partir de ce moment je vais compter les heures qui me restent pour atteindre le matin et déguerpir de cet endroit , où, dans ma tête, toutes les catastrophes sont possibles :…Le torrent  qui ne cesse de grossir et qui ne trouvant plus assez de place dans son lit habituel vient de se glisser tout d’un coup dans son deuxième lit , nous entourant de sa colère sourde et bruyante…Et puis comme il continue de pleuvoir , peut-être que le rio démonté et tourbillonnant ne trouvera plus assez de place dans ses deux lits éventrés et que nous au milieu naufragés sur notre île, nous allons nous retrouver à Torla , d’où nous sommes arrivés hier par une si belle journée !…Et peut-être…Et peut-être qu’avec un peu de chance nous allons arriver à nous échapper en « petite culotte », et en emportant…Peut-être rien ….De toutes façons avec ce bruit infernal de la pluie sur la toile et celui du torrent  nous n’entendrons rien arriver…Moi je vous le dit , que nous sommes « foutus » , j’ai déjà vu des choses comme ça à la télé, et en plus, « ils » le disent qu’il ne faut jamais rester dans le lit d’un torrent qui semble ne pas servir, ni même se tenir auprès …

          A 5 heures , je ne tiens plus …j’en coince la fermeture éclair de mon duvet …J’ai des sueurs…Je trouve que l’on devrait déjà faire nos sacs , mais ne le dit pas , car ça va énerver Alain, il n’a pourtant pas l’air de ces plus décontractés lui aussi…A six heures …  « Boum » !…Je le sentais …ça allait arriver…Eclairs…Tonnerre…Je décoince ma fermeture, Alain permet le rangement des sacs pour être prêts à plier dès que possible…Vivement qu’on se « taille » loin de ce torrent qui va nous noyer !…Déjà un danger de moins !…Ouf !…On laisse  la toile montée , et on va prendre un grand café au refuge , on pliera lorsque il pleuvra moins…Il y a deux gars , tout recroquevillés sous leurs ponchos qui attendent à la porte du refuge …A l’intérieur règne une grande sérénité,… la radio diffuse de la musique légère, et une douce chaleur nous réchauffe lentement pendant que nous prenons notre petit déjeuner …Bon !Allez , on y va !…De toutes façons je me dis que les orages violents c’est toujours pour l’après midi, donc il faut décamper et au plus vite !…Il ne pleut plus…

          8 heures 30, nous sommes sur le sentier en direction de Gavarnie via le col de Boucharo Le sentier de l’angoisse, car à peine avons nous quitté San nicolas de Bujaruelo , et gravi les premiers raidillons que la montagne s’emplie des grondements sourds de l’orage…Je n’ai plus de jambes, j’ai l’impression que mon sang se glace , je suis pétrifiée , c’est le mot …Je ferai bien demi-tour en courrant vers le refuge, mais ce n’est pas le moment, Alain me foudroie déjà du regard , il me dit que « l’orage c’est même pas chez nous !… », « il me prend pour une conne !… »que je pense …

          De plus , je suis sûre qu’on va « dérouiller » en passant sous la ligne à haute tension …Tiens, c’est là que l’orage nous attend !…Alain , il dit comme çà , que de passer la ligne à haute tension ça prendra seulement 30 secondes …Mais moi je me rappelle que c’est plus !…Qu’il y a trois gros câbles, bien espacés , à passer

          Et voilà !…ça dégringole, fort ; à grosses gouttes, lourdes et froides …Là un petit sapin, à peine plus haut que nous, Alain suggère qu’on aille s’y abriter du vent , et un peu de la pluie  le temps d’enfiler nos ponchos …Tu parles !…La première chose que je vois , c’est que le tronc est tout calciné, qu’il a sûrement dû être frappé par la foudre là où il est placé …Alain propose d’attendre…Non !…Non !…Et non !…Comment faut-il que je lui explique que j’ai peur ?…Quoi, ça ne se voit pas que j’ai la peur qui me sort par les yeux ?…Les trous de nez ?…Les cheveux ?…Que je suis électrisée par la peur !…Qu’est-ce que je peux bien expliquer de plus ?…Que je n’ai qu’une idée : courir , enfin partir, fuir !…On ne voit plus rien , les nuages nous encerclent, le sentier est transformé en torrent, l’eau ruisselle de partout nos chaussures s’alourdissent d’eau et de boue, …Les premiers éclairs zèbrent le ciel juste au moment où nous atteignons les pylônes de la ligne à haute tension…J’l’avais bien dit !…Je prie…Je prie…Je me dépêche de fuir la zone des câbles qui crépitent sous l’effet de la pluie et de l’orage . Je n’ai plus de souffle , il fait presque nuit, c’est la fin du monde… Jamais ; jamais plus, je n’irai sur un sentier de montagne sans être sûre du temps …Il n’y a personne, …Il n’y a que nous deux , Il faut vraiment être fêlés !…Nous sommes tout seuls, j’ai envie de pleurer , mais je n’en ai pas le temps…Il faut bien avancer …

          L’orage semble s’éloigner …si nous pouvions seulement gagner un peu de temps sur lui !…Nous continuons d’avancer et de grimper , plus haut nous le savons nous devrions trouver une cabane et pouvoir nous y abriter si nécessaire …sur les pentes d’un pierrier que nous devrons traverser bientôt , nous apercevons au loin …Des vélos !… Nous n’avons pourtant pas « disjoncté » ?…Non ,non !…Ce sont bien des vélos , et même avec des remorques accrochées !…Nous rejoignons les deux gars des Vosges qui les conduisent en marchant à coté,( quand ils ne les portent pas), ils étaient persuadés pouvoir trouver une route et se sont ainsi aventurés sur le sentier qui mène à Saint Nicolas L’un d’eux a le visage qui disparaît sous une capuche de « kway » par dessus laquelle il a « vissé » un chapeau de paille dont les bords servent de gouttière …Ils sont chaussés uniquement de sandalettes et ont l’air tout heureux de pouvoir parler avec des français qui peuvent leur expliquer pourquoi ils ne trouveront pas de route sur les pentes de ces montagnes Nous avons beau leur expliquer que les choses vont aller en se compliquant très sérieusement pour eux , au fur et à  mesure de leur descente sur l’Espagne, ils n’en poursuivent pas moins leur aventure, portant leurs vélos et nous gratifiant d’un joyeux « bonnes vacances »

          Cela sera notre première rencontre avec des originaux de la journée , car beaucoup plus tard , lors de notre descente sur Gavarnie , nous croiserons un couple , marchant parapluie à la main avec chaussures de ville et vêtements très « classe »…Nous leur aurions volontiers mis un livre dans l’autre main tant ils avaient plus l’air de bourgeois anglais en promenade que de randonneurs arpentant un sentier raviné et évoluant dans une purée de pois …Nous nous sommes regardés Alain et moi, et demandés d’où ils pouvaient bien sortir…

          Mais revenons quelques heures en arrière . Après avoir quitté nos deux Vosgiens , nous arrivons à la « Plana Lacoma », et nous nous arrêtons à la cabane dont nous parlions tout à l’heure, elle est déjà occupée par un groupe d’espagnols qui ont l’air exténué, et qui ont allumé un feu .Ils nous invitent à venir nous réchauffer , puis nous nous faisons chauffer un café , et avalons quelques biscuits . Comme l’an passé , nous constatons que le sol de la cabane est jonché de détritus et qu’elle est toujours aussi mal entretenue , mais aujourd’hui pourtant, nous la trouvons beaucoup plus hospitalière et nous sommes bien contents de pouvoir nous y abriter quelques instants

          Nous reprenons notre ascension et la montée au Col de Boucharo se fait sous une succession de grosses averses, nous sommes de véritables gouttières ambulantes !…Nous croisons quelques groupes , en aussi mauvais état que nous , et qui descendent à Saint Nicolas

          Après un total de 3 heures de marche nous atteignons le col , et entamons aussitôt notre descente sur Gavarnie par la vallée de Pouey Aspé , cela fait maintenant une demie- heure que nous descendons et nous devrions être à la hauteur de la cabane du soldat, mais rien…Il faut dire qu’on ne voit pas à trois mètres, et Alain craint de passer à coté sans la voir. Il est 12 heures 30…Il ne nous reste plus qu’à « enquiller » comme çà , directement jusqu'à Gavarnie, en faisant très attention  à ne pas quitter le sentier ,tant le brouillard est dense , ce qui est toujours en montagne une source d’accidents . Nous aurions pourtant bien pris de manger à l’abri !…C’est à ce moment là que nous croisons nos deux « uluberlus » au parapluie qui nous indiquent que :… « la cabane est là !…à deux pas »…Elle est occupée par un groupe de jeunes allemands qui nous aident à passer nos sacs par dessus les barreaux qui ferment partiellement l’entrée pour éviter que des animaux ne pénètrent à l’intérieur.

          Nous commençons par quitter nos chaussures et enfiler des chaussettes , certes sales, mais sèches , puis tout comme les jeunes , nous nous préparons une soupe bien chaude et des pâtes …Les nuages ont l’air « moins épais », nous décidons de ne pas trop traîner et reprenons notre descente sur Gavarnie. Nous apprécions une légère éclaircie du temps, tout au moins en ce qui concerne la pluie , car pour ce qui est du brouillard il est toujours aussi présent, et nous prive de toutes les beautés du paysage que nous savons être là, enterrées dans ce linceul blanchâtre .(Il en aura été malheureusement ainsi toute la journée, nous n’aurons rien vu).Nous croisons la « 4111 », belle vache passive qui ne se range même pas pour nous laisser passer, et arrivons au Vieux Gavarnie .Nous rentrons dans l’église saluer la vierge à la gourde,

J’allume un cierge , puis nous faisons un tour dans le cimetière où de nombreux et illustres pyrénéistes sont inhumés

          Le temps est plus clair, et il nous faut gagner Luz Saint Sauveur, sans trop y croire , nous nous installons à la sortie de Gavarnie , et commençons à faire du stop. Cinq minutes à peine se sont écoulées que déjà une jeune femme du pays s’arrête et accepte de nous déposer à Luz. Elle est sympa  et discute tout le long du trajet , elle n’aime pas trop Luz , pour elle « tant qu’à être en montagne , autant habiter Gavarnie, on y est plus près…(de la montagne) »Elle nous apprend que la maison qui est construite tout près du lac des Gloriettes , appartient au maire de Gèdre qu’elle ne semble pas porter dans son cœur , enfin on parle un peu de tout , entre les nombreux coups de klaxon qu’elle dispense généreusement à l’encontre de tous ceux que nous croisons, elle semble vraiment connaître beaucoup de monde !…

          Nous arrivons à Luz , 9 jours que nous sommes partis !…

          Arrivés au camping nous croisons la « jeune 33 »,Sonia, et sa maman , on s’embrasse …Douche chaude, hum…que c’est bon !…Nous filons acheter du pain et téléphoner à Mathieu à qui nous laissons un message sur répondeur…Retour au camping où la gérante nous attend pour nous dire que Mathieu demande à ce qu’on le rappelle , et nous apporte une carte des « marocains » …Soupe en brique mais pas déshydratée .Repas de rois : roti froid , haricots verts , salade

          Nous nous glissons sous la couette, hum…. ! Mais avant nous avons vidé nos sacs, fait la lessive ,les courses , la vaisselle, pris une douche, nous avons été très opérationnels, nous n’en revenons pas

          Un point sombre au tableau : nous avons perdu notre chiffon à tout faire, qui nous avait été tellement utile durant notre périple…Dommage !

            Petit bilan pour ce tour du Mont Perdu : nous avons marché 34 heures pour 30 heures données, et 40 heures30 avec l’ascension de l’ EL PERDIDO.

 

          A noter que cette année pas une seule fois Alain n’a demandé : « qu’est-ce qu’on mange ?" juste  s’est-il contenté de :  « y’aurait pas un p’tit bout de chocolat ?… »

 

          Ce soir feu d’artifice…

 

          Comme l’an passé je donne une note à ces vacances :9/10 , car j’ai super aimé !…Le point qui manque , c’est à cause des grognements du matin…(d’Alain…)

 

          Alain chante, le nougat qu’il mange le rend joyeux !...

 

                                                     Marie-Thé

 

TORLA

AUTRE VUE DE TORLA

depuis le camino de escala: vue sur la vallée de Ordesa

      Le rio Ara en amont de Puente Nuevo

Marie-Thé sur le camino de cobatar, a l'arrivée à San Nicolas

Rio Ara et Pont roman de San Nicolas

Vue générale du site de San Nicolas

Pont roman de San Nicolas de Bujaruelo

Service simple et accessible à tous

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        montage de la toile à San Nicolas

Cabane des soldats dans le brouillard

Notre dernière étape s'étant déroulée sous la pluie, l'orage, et dans le brouillard , nous n'avons hélas aucune autre image de la fin de notre périple...

Double arc en ciel sur Pineta

Alain

Marie-Thé et Alain au sommet du  Casque en 2006

Marie-Thé au Mondoto en 2009

au fond le col d'Anisclo, et la descente sur Fon Blanca, sur la gauche, la Puntas de Olas, la Sum de Ramond, et le Mont-Perdu. A droite les tres Marias

depuis le val de Vio en 2008 vue sur le canyon

d'Anisclo, avec au fond,et au centre,l'ouverture du col d'Anisclo, à gauche, Puntas de Olas, sum de Ramond et Mont-Perdu. Au premier plan, à gauche le Pic Mondoto, à droite les Sestrales.

Marie-Thé et Alain au pied du glacier du Mont-Perdu en 2008

FIN