NOTRE TOUR DU MONT PERDU

               Août 2001

de FON BLANCA à TORLA, ascension du MONT PERDU

de FON BLANCA à TORLA avec l'ascension du MONT PERDU

SAMEDI 4 AOUT:de FON BLANCA au refuge de GORIZ

 

Levés à 6 heures20 …Alain m’apparaît de petites humeurs …Il « grince » après son sac que je lui ai fait :  « ça va pas ! ça va pas !…Je n’reconnais pas mon sac !… »

          A 7 heures un troupeau d’isards descend en face de nous et vient boire aux eaux du rio Vellos

          Petit déjeuner…Pliage…Il nous faut arriver au troisième jour pour comprendre quel est le bon pliage pour les duvets…Alain  jète avant de partir un « je suis crevé »…Hum !…C’est pas bon, ça sent l’accrochage.

          Dès le départ , face à la cabane de Fon Blanca , ça grimpe dur, dur !…On a des restes de fatigue , on peine…Puis le rythme est pris,je dois en permanence m’occuper d’Alain, veiller à son alimentation, l’obliger à prendre des fruits, des céréales, il est complètement inconscient, refuse de se nourrir à temps…Avec ses 20 kilos à porter il me crève le cœur , je crains pour lui lors des passages délicats…Nous passons des barres rocheuses, des cheminées où il faut redoubler de prudence …Et nous arrivons ainsi au « vrai » Col de Goriz (2343m)à 11 heures 45

          Je dis « vrai », car lorsque tu en baves dans ce qui te semble aboutir en direct sur le ciel et que tu savoures déjà ton arrivée au col, et que…Nenni ! ce n’est qu’une plate forme qui te laisse entrevoir , plus loin, plus haut, une autre ouverture sur le ciel , et que …Nenni !…

          Enfin bref !nous mettons 3 heures pour arriver au col, et une demi-heure pour descendre jusqu’au refuge de Goriz où nous arrivons à 12 heures 30.

          Alain a « planté » tout de suite notre abri et nous sommes filé au refuge pour réserver notre place pour le dîner du soir, avec malgré tout l’idée qu’on se ferait « jeter » compte tenu de tous les propos rapportés quant au caractère bourru de la gardienne…Nous avons été bien polis, bien gentils, et nous avons bien compris qu’à 19 heures ce soir nous pourrions manger si la capacité d’accueil n’était pas atteinte , les réservations complètes (coucher+repas) étant prioritaires

          Nous avons acheté quelques boîtes de conserve et autres victuailles et consommé un bon café…

Quand le soleil se cache sous l’un des rares nuages , il fait « frisquet » : nous sommes à 2160 mètres d’altitude !…

……….Retour à notre toile , où Alain s’offre un apéro façon « vin rouge du refuge de Goriz », puis nous déjeunons …  « Hum…Un vrai repas » dit Alain , les larmes aux yeux …Il s’émerveille même devant les biscottes espagnoles …N’en finit pas de disserter là dessus , à l’utilisation qu’il va en faire …Avec le fromage ,après la boite , avec le café demain matin …Enfin un vrai « pain d’anges ».Nous nous délectons ,c’est le mot, d’une boite de « albondigas en salsa » …Bref, un vrai gueuleton !et avec du vin rouge à 2160 mètres d’altitude !…Alain n’en revient toujours pas…

          La vaisselle est vite faite, d’ailleurs cela fait deux jours qu’on la fait comme ça : un peu avec les doigts , et le reste avec notre fameux chiffon à tout faire !…

          Un randonneur espagnol vient de s’étaler , la tête la première, capuchon par dessus le bonhomme , là…juste devant notre toile ! faut dire que nous sommes à l’arrivée du Mont Perdu, et que l’on peut mettre une note de fatigue à chaque randonneur , à la seule observation de sa démarche lorsqu’il passe devant nous

          Alain me raconte comment , pendant la montée de ce matin , il s’est écrasé son doigt de pied déjà souffrant, avec …son autre pied !…

          Le cadre autour de Goriz est sublime…Et la gardienne à qui nous avons eu à faire très jeune , très jolie , très accueillante …

          Deux petits chevaux bâtés , tenus à la bride par des hommes marchant a pieds à leur coté, arrivent de Torla, située à 8 heures de marche , ils ravitaillent le refuge.

          Il est 17 heures , Alain prépare le dernier chocolat liégeois  qui nous reste …Le thermomètre pendu à la porte du refuge, indique 15° (à l’ombre), il fait grand soleil, et les aires de bivouac se remplissent

…….Nous pensons à « nos »parisiens de la vallée de Chevreuse , que nous n’avons pas revus. Peut-être ont ils abandonné ?…fait demi-tour avant même Fon Blanca ?… Peut-être vont ils « débarquer » dans un instant ?…Mais pour le moment , il est 18 heures, et pas de parisiens en vue !…

          Il est 18heures 55, Alain se déchausse à la porte du refuge, (il est interdit d’entrer avec ses chaussures de marche), et entre pour aller chercher la réponse quant à la possibilité de dîner. A ce moment il tombe sur la « vraie gardienne » , bourrue, autoritaire, telle qu’on avait pu nous la décrire, qui le renvoi au seul motif qu’il n’est pas 19 heures, elle lui précise toute fois « qu ‘en principe c’est bon !…»

          19 heures, et revoilà Alain à l’intérieur du refuge, il en ressort rapidement, Oui…Nous pouvons dîner , il faudra revenir a 19 heures30 précise, et s’installer « à la table du fond , près de la cheminée… »

          Dans l’attente de pouvoir passer à table ,nous regagnons notre toile , où Alain se torture ne sachant s’il doit ,( pour aller dîner et entrer dans la salle,) changer de chaussettes ?…Aller pieds nus avec ses thongues ?…Ou garder ses chaussettes ?…  « qui après tout ne sont pas si sales »…mais qu’il me fait renifler tout de même avant de les remettre…Tout ça, a pris un sacré bout de temps !et pour terminer, à 19 heures20, juste dix minutes avant l’heure du repas , il s’aperçoit qu’il est « crassou »sur les jambes , et que « çà aurait bien mérité un p’tit coup de gants… »…Trop tard !…

          Nous laissons nos chaussures sous le porche d’entrée et pénétrons dans le refuge , la salle de restauration se divise en deux parties, de surface pratiquement identique , et pouvant accueillir chacune une trentaine de personnes  réparties par tables de six. Nous nous dirigeons dans la salle « du fond », et nous prenons place à la table près de la cheminée , comme recommandé par la gardienne ; Il n’y a à cette table que des Espagnols et une belge parlant parfaitement la langue locale.

          On apprécie le repas ,  d’abord , une soupe avec des légumes dans un bouillon clair, ensuite une salade avec crudités, thon, concombres, potirons, salade, œufs, tomates, comme viande un bon morceau d’agneau parfaitement cuit, accompagné d’une sauce, et enfin comme dessert une pomme. Comme boisson , de l’eau, pain à volonté ; Le tout pour l’équivalent de 78 francs par personne, soit 3900 pesetas pour nous deux.

          Juste avant de sortir Alain me glisse à l’oreille :  « tu ne vois pas qu’on nous aurait « piquer » nos chaussures ? »…Mais non, elles sont bien en place !…..

           Il faut noter que le repas est organisé par la maîtresse des lieux avec un sens très militaire :

19heures30, tout le monde à table !.

19heures35, 6 couverts complets , sont déposés au bout de chaque table, chacun récupère le sien.

19heures40, la soupière, arrive à son tour au bout des tables et chacun se sert

19 heures50, le plateau de crudités à se partager en six, fait son apparition

20 heures et voici le plat de viande et ses 6 magnifiques morceaux d’agneau

20heures10, ordre est donné de regrouper au bout des tables les couverts , chacun ne devant garder que son couteau !

20heures15, distribution des pommes

20heures 25, La jeune femme, très gentille, très belle que l’on avait pris pour la gardienne distribue pour chaque table un plateau avec une éponge, c’est bien sûr pour que chacun nettoie son coin de table .

20heures30, chacun se lève et quitte sa place , tout est propre et net pour les suivants , car il y a semble-t-il un deuxième service.

          J’ai noté, le peu de femmes présentes ce soir : pas dix sur soixante personnes .

Dehors il fait maintenant plutôt frais , nous nous mettons rapidement à l’abri sous notre toile, et finissons par nous glisser dans nos duvets

……..A 22 heures nous entendons des espagnols bruyants s’installer près de nous, Alain ouvre la toile  et constate qu’il s’agit de deux jeunes qui ont visiblement « fait la fête » .Ils vont ainsi  parler très fort, et roter tout autant au moins jusqu’à minuit, ensuite ils vont ronfler.

J’ai froid…Et le terrain où nous avons « planter » la toile étant en pente , nous faisons de la luge toute la nuit sur nos matelas

 

DIMANCHE 5 AOUT: Ascension du MONT PERDU

 

Réveillés à 6 heures ¼…Enfin levés , car il est difficile de parler de réveil lorsque l’on ne dort pas ! Notre jeune voisin , « ronfleur, parleur, et

Roteur » est levé, un peu égaré, …Il parle un peu le français , nous emprunte un briquet pour allumer son camping gaz, et nous demande quel est le temps nécessaire pour « faire » le Mont-

Perdu ? Par signe nous lui répondons :4 heures !(uniquement pour aller au sommet) Il laisse retomber la main avec l’air de quelqu’un qui va plutôt retourner se coucher !…

Nous lui demandons si il a l’intention de démonter sa tente (comme l’exige la règle du parc national)…Il comprend :  « laisser ,ami, dans la tente » …On abrège en lui lançant un joyeux : « bonne journée » , et nous entamons notre ascension du Mont –Perdu ,(3355mètres) il est 7 heures !

          Alain qui trouve qu’il y a beaucoup trop de groupes de randonneurs à monter en même temps que nous est « grognon », irrité, et il y a à peine une heure que nous marchons quand il lance :  « de toutes façons ça ne me dit rien d’aller là-haut, ça fait bien de trop coup sur coup !… »

          J’essaye de captivé son attention en lui parlant des premiers névés que nous abordons, mais il n’est pas très bien, et moi non plus d’ailleurs , j’ai seulement le moral pour deux !

Mais le coup dur pour mon moral , c’est lorsque Alain  s’exclame ,un tantinet stressé :  « ça fait deux heures et demie qu ‘on marche , et on aurait dû atteindre le Lac glacé au bout de deux heures… » , j’essaye de lui dire  que le temps donné par les guides pour le Lac Glacé est  de deux heures et demie à trois heures , mais ce n’est pas le moment de le contrarier… Encore quelques pas et il est là , le Lac Glacé, en contrebas, on ne le voyait même pas , pris dans la neige et les glaces, et nous l’avons atteint en à peine 2 heures45 , sans décompter les arrêts , ce qui est bien !…

     Mais là le dilemme…Le sommet en face !…Haut…Au bout d’une pente raide et parfois enneigée, et d’un sentier «vilain » à priori….Alain défiguré qui pense déjà à ce que je pense, c’est à dire , à la difficulté du retour….Et puis il y a les « ceux » qui viennent le renforcé dans son inquiétude ou sa conviction qu’il ne faut pas monter ; je veux parler de ceux des randonneurs qui chaussent des crampons, et arborent des piolets !…Je trouve un compromis : aller jusqu’au glacier au moins…On s’engage d’abord sur une partie rocheuse à escalader, puis on arrive sur le pierrier , une rimaille , ou la pente est raide, interminable, glissante , (« casse-gueule », pour la descente), la peur me prend, je veux faire demi-tour !…Alain bougonne que « là où on est arrivé, ce n’est plus le moment pour faire demi-tour »…Je monte, je monte…

          Tout à coup, un puissant rot se fait entendre derrière nous, qui ressemble fort à ceux entendus hier soir …Serait-ce ?…On se retourne, mais oui ! …Ils sont là , nos deux fêtards d’hier soir, qui nous lancent un joyeux «  buenos dias »

……..Et je continue de monter dans les gravillons qui fuient sous mes pieds ! de temps à autre , je jette un œil sur Alain qui, casquette vissée sur le crâne, se trouve un peu en contrebas de moi, puis , brutalement , j’  « enquille » le dernier raidillon , sans un regard en arrière, alors que mon Alain , par deux fois , va se retrouver à plat ventre sur le sentier en pensant que « s’il venait à s’écraser  au fond d’un des ravins, je ne serais même pas là pour le voir ». Ceci explique peut-être pourquoi, du haut de la plate forme où je guette son arrivée , je vois  lentement apparaître une casquette de travers, sur un bonhomme qui n’a pas l’air de ne me vouloir que de bonnes choses ? Mais tout s’efface au spectacle que je lui propose , nous sommes là ,à 30 mètres du sommet , comme sur « le toit du monde » Nous avons réussi « notre Mont Perdu » !…

……….A nos pieds, une vue imprenable ! de l’émotion à l’état pur ,…En face de nous , tout en bas, la vallée d’Estaubé et son lac des Gloriettes , d’où nous avons débuté notre circuit, mais aussi le Pic de Piméné , et là , tout en bas , le Lac Glace du Marboré, et la Brèche de Tuquerouye ;A notre droite , le Cylindre du Marboré, puis le Taillon , et plus loin le Vigne male et son glacier d’Ossoue, et encore le Balaïtous, et dans les brumes , tout au fond , le pic du midi d’Ossau

            C’est bête , nous n’avons plus de pellicule photos…Nous avons quand même fait plusieurs photos

………C’est glacial, avec un vent à nous mettre à terre, mais le soleil brille haut dans le ciel, Alain est très heureux, je viens de lui donner le Mont Perdu !…

……….Nous laissons les trente derniers mètres, ce ne sont qu’un dôme de glace vive, trop dangereux  à escalader sans crampons. Un français rencontré hier soir au refuge , bien équipé, visiblement randonneur averti, nous dit en regardant quelques inconscients « qu’il y aurait un mort avant le soir ! » …Pourvu que ce ne soit pas nous !…

             On redescend comme des isards , on pourrait presque nous donner le prix de « descendeurs de pierriers »…On n’en revient pas , à peine une heure pour retrouver le Lac Glacé, Alain comptait bien deux heures …Perdu !…

………..On est « cool », tout va bien . Nous nous asseyons quelques instants sur une roche, et sommes pris d’un fou-rire en nous remémorant le repas pris, pieds nus, au refuge de Goriz d’autant que nous savons puer, …que cela fait quatre jours que nous ne nous sommes pas lavés….que nous portons depuis six jours les mêmes fringues imbibées de sueur , et marquées par le sel qui nous sort de tous les pores, .Nous ne faisons même plus notre, pourtant petite vaisselle, que nous nous contentons de nettoyer d’un rapide coup de chiffon…et hop !…

………..Bref , nous nous marrons à l’évocation de tout cela , assis sur un rocher à 3000 mètres d’altitude, , les pieds sur la neige, et la tête au soleil…

            ……….On arrive à notre campement à 15 heures30 …On a réalisé notre ascension aller et retour en 6 heures ½  comme donné sur les guides…On se dirige vers le refuge avec l’intention d’y boire deux « cocas »…Et là sur la plate forme d’entrée du refuge  qui voyons nous ?…Nos « deux pelos, de la Vallée de Chevreuse », qui nous font des grands signes ….Retrouvailles….Explications :…

          Ils ont renoncé et fait demi-tour dans l’étape Pineta/Fon Blanca, bien avant le Col de Niscle, Ils ont regagné le refuge de Pineta, puis cinq kilomètres plus bas en direction de Bielsa, un Camping aménagé , d’où Ils ont le lendemain pris un bus qui via Bielsa, L’Ainsa, et Broto, les a déposé à Torla

          De Torla ,par les navettes du parc national , ils ont gagné « La Pradéra » qui est l’entrée de la vallée d’Ordesa, puis par le fond de la vallée , et à pieds cette fois , le refuge de Goriz après une nuit passée à la belle étoile au pied du cirque de Soaso,  les gardiens du parc ayant refusé qu’ils installent leur bivouac !…

          Nous leur offrons une consommation, tout en échangeant sur les jours passés, plus tard nous les rejoindrons ,  à leur toile….Ferons une photo souvenir  et noterons leur adresse :

          En regagnant notre tente…Surprise, une « colo » nous encercle, c’est à croire que nous les attirons…C’est une ambiance de foire…

           Alain vient de me prendre en photo, dans la toile entrain de me « décrotter » le nez….Je prendrai bien un café….Si on me le sert !….Alain voudrait bien , mais dehors il fait froid !…C’est alors qu’il reconnaît que j’ai vraiment bien fait de mettre les polaires dans notre « barda »…Il me prépare , et me sert un café

          Alain vient d’avoir une idée pour nous débarrasser de notre sac poubelle : Aller le déposer derrière une des toiles de la « colo » !…

           En ce qui concerne le café…Ici il a des parfums savoureux , , de reste de soupe, et d’Albondigas, alla salsa , que nous ne retrouverons jamais ailleurs !…Il va être temps que nous arrivons à Torla, pour nous approvisionner  il ne nous reste plus que trois sachets de café, trois plats déshydratés , peu de sucre , et pour ainsi dire plus de céréales

 

LUNDI 6 AOUT du refuge de GORIZ à TORLA

 

Nous sommes réveillés à 5heures15…Il fait beaucoup de vent à cette heure matinale en montagne…

Nous commençons à plier. Petit tour aux sanitaires du refuge où je rencontre le « quintal de la Vallée de Chevreuse », eux aussi sont entrain de plier , nous les apercevrons  plus tard , un peu en arrière, alors que , au-dessus du Circo de Soasao, nous entamons le sentier de la « Faja de Pelay »qui va parcourir a mi-hauteur l’extra ordinaire canyon de Ordesa. Nous les perdrons définitivement, vraisemblablement qu’ils auront suivi le fond du canyon , en longeant les rives du Rio Arazas

La première heure de randonnée est toujours un peu difficile, nous sommes un peu coincés , un peu grognons…et nous avons l’impression que nos sacs s’alourdissent de jours en jours

          Maintenant le sentier , que nous suivons est pourtant très agréable, et nous offre lorsque nous nous retournons des vues magnifiques sur le Mont-perdu, le cirque de Soaso et le fond du Canyon

          Nous rencontrons deux jeunes avec qui nous allons pratiquement cheminer jusqu’au mirador de Calcilarruego, amateurs de photos nous les retrouvons souvent aux mêmes points de vue , Des vues magnifiques sur le cirque de Cotatuero, et les arrières de Gavarnie :le Taillon, la fausse brèche , puis la Brèche de Roland…

         Heureusement nous progressons maintenant à l’ombre, car il commence sérieusement à « cagnasser » Nous atteignons le mirador , il nous reste 700 mètre de dénivelé à descendre  pour arriver à la Pradéra  et de là dix kilomètres pour rejoindre Torla . Les deux jeunes qui se sont également arrêtés au mirador s’apprêtent à faire cuire des saucisses …Ils nous donnent leurs  tickets retour pour nous permettre de prendre le bus à la pradera et de gagner ainsi sans difficulté la petite ville de Torla .Eux envisageant de gagner Torla par les crêtes… « un martyr de moins pour Alain pour qui le sac devient de plus en plus lourd… »             

Nous entamons la descente sur la Pradera que nous atteignons après un total de 5 heures de marche Le sentier entre le mirador et la pradera nous a paru bien long …Voir interminable…Nous nous accordons une pause ….Compte tenu du poids du sac qu’Alain porte depuis plusieurs jours , je me suis parfaitement faite à l’idée que nous allions prendre la navette pour nous rendre à Torla !… « Qu’est-ce qu’on fait ?… »…ça c’est Alain qui demande ça ….Echanges de regards…Nous nous sommes compris !…Vite on repère le départ du sentier pour Torla ….On ne touchera pas aux fameux « billets retour »  Le Mont-Perdu on le « ceinturera » avec nos pieds !…

          Le sentier le long du Rio Arazas, en cette partie de la Vallée d’Ordesa , est large et ombragée, mais dès que nous prenons vers le sud en suivant la vallée du Rio Ara vers Torla , c’est la « cagnasse » , on marche…On marche …Abrutis de soleil ,pendant presque une heure trente

          L’oasis , pour nous, c’est d’atteindre le « camping du Rio Ara » , normalement situé si nous nous fions à la carte , à l’entrée de Torla , tout près  du Pont de la Glère…Mais arrivés au pont nous ne trouvons qu’une pancarte  qui semble nous indiquer , que le camping est encore plus , plus haut !…Le moral est à zéro, nous n’avons plus le courage de monter, il fait au moins 40° à l’ombre…Un dernier sursaut…Quelques mètres …Non ce n’est pas un mirage !…Il est là le camping tant espéré…Tout près …Juste avant le virage …A l’entrée nous croisons un français de basse Normandie , qui s’arrête et nous demande d’où l’on vient, il reviendra nous voir dans la soirée et parler un peu de randos

          Nous nous installons à l’ombre , encastrés parmi un imbroglio de toiles …Mais on s’en fout !Nous sommes arrivés…Nous sommes sales, poussiéreux , hagards, et …frissonnants tout d’un coup ….La fatigue sans doute !…Il est 17 heures

          Ah oui !… J’ai oublié de dire  que malgré sa « grande souffrance physique », Alain a tout de même trouvé , sur le sentier entre le mirador et la pradera, la force de s’arrêter parler à une belle espagnole , au décolleté avantageux , pour lequel il était en position de « vue plongeante » et imprenable ….Elle demandait le temps « encore nécessaire » pour monter au mirador, et lui, pour prolonger la conversation, de lui demander s’il y avait un sentier entre la Pradera et Torla , chose qu’il savait depuis longtemps déjà …Enfin tout ça pour dire qu’Alain peut se « requinquer » d’une façon tout aussi rapide qu’inattendue !…

           Bon revenons au camping …Il y a tout ce qu’il faut ! Un petit supermercado ,un bar, des douches chaudes que nous avons appréciées pleinement, , sauf que nous n’avons pas tout ce qu’il conviendrait pour une bonne toilette : il ne nous reste plus qu’un petit échantillon de shampoing , car nous avons dû jeter le gel douche en cours de route( le tube fuyait dans le sac), pas de serviette…Mais qu’est-ce que c’était bon !…Et de toutes façons ça devenait une nécessité , on commençait à « attirer les mouches »…Mais non ! je déconne… ,mais si !c’est vrai …, on a même des nœuds dans les cheveux Non ?…Si !!!

           Petit tour au supermercado où (j’en rigole encore » , on est comme des fous, comme des enfants ,…Touchant à tout, redécouvrant que le chocolat, les yaourts, le pain, le saucisson…..Tout ça existe vraiment …On passe au moins trois quarts d’heure à faire un choix judicieux, et quatre à cinq fois le tour du magasin …On ressort avec un vrai trésor : un chorizo, du pain, du beurre, du camembert, deux pommes, deux pèches, quatre yaourts, du chocolat, du café…

           Nous attaquons tout ça dans la minute qui suit notre retour à la tente, disons quand même qu’Alain est un peu moins pressé , car comme pour les biscottes , il s’émerveille maintenant sur le dessin de la plaquette de beurre espagnole

Nous engloutissons tout comme si nous n’avions pas mangé depuis des semaines …Nous nous requinquons , et nous n’avons sans doute pas assez marché aujourd’hui, (6 heures ½ pourtant !°) car nous allons , par un petit sentier montant, jusqu’à Torla, vraisemblablement poussés par la curiosité, et le désir de retrouver un peu de civilisation…Dans les rues, il y a du monde, et des parfums de cuisine et de café se mêlent à l’air encore chaud du soir…Nous nous intéressons aux menus affichés aux portes des restaurants ( ce sera pour demain soir )

          De retour au camping , nous nous attardons à la terrasse du café devant une bière et un jus d’orange . Il est 21 heures 30, et Alain inquiet, se demande s’ « il ne faudrait pas mieux acheter le pain pour demain » …Il a tellement peur de ne pas en avoir…Je le rassure , il y aura du pain !…

à l'approche du col de Goriz:le Torre de Goriz

Marie-Thé au col supérieur de Goriz

Alain arrive au col supérieur de Goriz

inoubliable apparition du canyon d'Ordesa et

de la Faja de Pelay

le refuge de Goriz ravitaillé par deux chevaux batés

Alain prépare notre aire de Bivouac ...

Repos et bain de soleil...

Le lac glacé sur la voie d'accès au Mont Perdu

couloir d'accès au Mont Perdu depuis le lac

à l'approche du dôme sommitale (3355 M )

Marie-Thé à deux pas du sommet,frigorifiée, mais heureuse

Marie-Thé à l'entrée de la Faja de Pelay

Alain ,même lieu, au fond le cirque de Soaso

dominé par le Mont-Perdu

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depuis la Faja de Pelay,vue sur Gavarnie et le Taillon

depuis la Faja de Pelay, vue sur la Brèche de Roland

Marie-Thé au mirador de Calcilarruego

vue sur le Tozal del Mallo

enfin nous voici à la Pradéra...

...Et Torla est en vue!...

le pont de la Glera, le camping est à 2 pas

de FON BLANCA à TORLA, ascension du MONT PERDU